Le documentaire est la principale pratique audiovisuelle en région. Il est financé par les collectivités territoriales, dont le conseil régional est le principal actant. Suivent le conseil général, les communautés de communes, et les villes et communes.
Ces financements tendent à devenir de plus en plus importants grâce, ou à cause, de la centralisation à Paris/île de France (80% de l’activité). Il y a en effet eu une loi de décentralisation, qui correspond à la naissance des aides des conseils régionaux. Ces derniers ont désormais un budget culture se déclinant beaucoup au cinéma.
L’autre soutien important va à l’animation (qu’elle se fasse en 2D, en 3D ou en volume), et permet à cette pratique de conserver ses lettres de noblesse. Les chaînes hertziennes font de nombreuses commandes de séries animées pour les programmes du matin, et permettent aussi de développer des courts-métrages aux scénarii originaux.
Notre désir est de développer des séries d’animation et de documentaires de courtes durées s’adaptant aux formats en vogue, aux nouveaux marchés présentés plus loin. Nous exploitons des projets novateurs dans leur forme, ayant un fort impacte visuel. Des méthodes d’animation peu exploitées et permettant un rendu exploitable autant sur de petits formats que des formats cinématographiques.
En 2004, presque tous les films de l’année ont obtenu une aide des collectivités. Le long-métrage prend 55% des sommes, le documentaire 14%. Dans les régions, le documentaire est le plus aidé car il n’y a pas de marché de la fiction en longs-métrages. Mais ainsi la décentralisation centralise la production de long-métrages qui sont à 99% d’initiative parisienne. Les régions génèrent 90,78% des aides, puis viennent le département (8,08%), et les villes et les communautés de communes (qui génèrent 1,14%). La pratique audiovisuelle est largement soutenue car faire de l’audiovisuel en région permet des retombées économiques directes : dans le secteur audiovisuel du territoire ( par l’emploie de techniciens, figurants, acteurs sans texte, et techniquement par la location et la prestation de matériel) et dans d’autres secteurs (restauration, transports, commerces, hôtel…).
Damien Stein a eu l’occasion de travailler directement avec les trois plus importantes sociétés de production Rennaises : JPL Films, Vivement Lundi ! et, Mille et Une. Films.
Cette approche nous est apparue essentielle pour la connaissance de nos concurrents directs. Ces stages ont permis de rencontrer les principaux actants audiovisuels de la région, et également de nous inspirer de leurs techniques de production, pouvant désormais juger du bon déroulement de la mise en chantier d’un film et de son achèvement. C’est par une étude sérieuse de leurs méthodes que nous nous forgerons, d’une certaine manière, la nôtre.
Il existe une particularité à la production cinématographique, peu répandue dans la plupart des marchés à concurrence. Contrairement à nombre de marchés, celui des films comprend une grande part d’ « entre aide » : la coproduction. Il est très courant que deux, voire plusieurs sociétés de production, s’allient pour développer un projet. Qu’il soit ambitieux, difficile, ou simplement retenant au même moment l’attention de ces sociétés. C’est pourquoi le relationnel est particulièrement important ici.
C’est en une sorte de première étape d’approche, que ces stages effectués au sein de ces sociétés peuvent s’interpréter. Les producteurs de ces autres sociétés de production savent que Les Films à l’Œil va exister, et, en partie, quels sont nos projets. Certains se montrent d’ors et déjà intéressés par nos idées et nos techniques utilisées et envisagées.
Par ailleurs, nos rencontres avec les techniciens des films auxquels Damien a participé, en Bretagne ou à Paris, représentent un imposant « carnet d’adresses » professionnel, important pour le futur. Mais cela représente, avant tout, une base de personnes qui cherchent autant la rémunération que les projets intéressants. Certains sont prêts à offrir, gratuitement ou avec défraiements, leurs talents aux projets les plus prometteurs. De nombreux exemples se sont déjà présentés alors même que Les Films à l’Œil n’existe pas. En effet, les futurs techniciens et créateurs de notre génération cherchent à se forger un curriculum vitae, indispensable pour pouvoir proposer leurs services aux sociétés déjà bien installées Ils se proposent donc pour travailler sur des projets accessibles. Car bien sûre, si nos ambitions de produits de qualité sont grandes, nous devrons commencer avec ce qui est à notre portée : des sujets qui nous sont proches en vue de technologies qui nous sont proches, avec, pour collaborateurs, notre entourage de professionnels engagés.
Un marché en nette expansion et pourtant très peu développé dans notre région retient depuis quelque temps notre attention. C’est là une des raisons de notre arrivée dans ce milieu. La technologie récente a vu s’imposer un nouveau marché de l’audiovisuel. Il comprend l’Internet, la téléphonie mobile ou les lecteurs de vidéo portables, et permet le développement de nouveaux formats. Les formats courts et très courts y prennent une part croissante, et se situent au cœur de ces nouvelles approches. Les méthodes de financement traditionnelles (les chaînes de télévision principalement), vont voire un bouleversement dans les prochaines années : les nouveaux marchés vont bientôt représenter une part majoritaire des financements de ces formats.